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    C'est un monde. Un monde rempli de suicidés en sursis. Bien-sûr par monde, j'entends essentiellement les Etats-Unis, je connais pas grand-chose d'autre, le Nouveau Monde, tourne tout entier autour de la question du suicide, effectif ou virtuel, avec ces centaines, ces milliers de femmes seules, de femmes en quête de l'âme soeur, et je n'oublie pas dans le décompte les hommes qui fondent les circuits, qui se paluchent, qui cauchemardisent, ces centaines, ces milliers d'homme que le manque d'amour, de sexe ou de n'importe quel d'autre instinct vital rend fous, tous ces éclopés de l'amour, ces peine-à-jouir du sexe, ces suicidaires-nés, tous ceux et celles qui se coltinent des jobs chiants, déshumanisants, dont les visages finissent par ressembler à des citrons cent fois pressés et dont les âmes se sont enfuies au loin, très loin ...

    "Le retour du Vieux dégueulasse"*

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    Il est possible d’être « conservateur » et publier malgré tout de la bonne poésie. La plupart des merdes « modernes » sont des coquilles vides que peut torcher le premier bleu-bite venu sans expérience ni sentiments (il n’y a qu’à voir Hearse). Il y a des faux poètes dans toutes les écoles, des gens qui ne sont simplement pas à leur place (des imposteurs ? Tout simplement ?). Mais ils finissent toujours par disparaître car les forces de la vie les écrasent sous autre chose. Si la plupart des poètes sont jeunes, c’est tout simplement parce que la vie ne les a pas encore rattrapés. Montrez-moi un vieux poète et je vous montrerai, plus souvent que vous croyez, un maître ou un maboul. Et, je suppose, pareil pour les peintres. Là je ne serai pas aussi catégorique, car bien qu’il m’arrive de peindre, ça n’est pas mon domaine. Mais je suppose que c’est plus ou moins la même histoire, et je pense notamment à un vieil agent d’entretien français que j’ai connu dans une des dernières boîtes où j’ai bossé. Agent d’entretien à temps partiel, le dos voûté, sirotant du vin. J’ai découvert qu’il peignait. Peignait au moyen d’une formule mathématique, une conversion philosophique de la vie. Avant de prendre les pinceaux il mettait tout par écrit. Un plan gigantesque, auquel il donnait forme en peinture. Il me rapportait des propos de Picasso. Et je préférais en rire. Nous étions là, un expéditionnaire et un agent d’entretien discutant de théories sur l’esthétique pendant que tout autour de nous des hommes gagnant dix fois notre salaire vendaient leur âme pour des fruits pourris. Qu’est-ce que ça dit du mode de vie américain ? (À Guy Owen, début mars 1960)
     
    "Sur l'écriture"
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    LETTRE A JAMES BOYER MAY ( 3 /12 /1959) :

    L'autre soir j'ai reçu la visite d'un éditeur et d'un auteur ( Stanley Mac- Nail de The Galley Sail Review accompagné d'Alvaro Cardona-Hine ) et le fait qu'ils m'ont trouvé négligé , la tête dans le cul , ne peut pas être entièrement de ma faute : le caractère de leur visite était aussi impromptu qu'un lâcher de bombe atomique .
    Ma question est la suivante : Est-ce qu'un auteur à partir du moment ou il est publié devient une propriété publique susceptible d'être fouillée sans préavis ou bien détient-il encore quelques droits à une vie privée en tant que citoyen qui paye ses impôts ?
    Serait-ce vulgaire de dire que le seul avantage à être artiste reste ( encore ) la possibilité de prendre ses distances vis-à-vis d'une société sur le déclin , ou s'agit-il simplement d'un concept tombé en désuétude ?
    Il ne me semble pas que ce soit ignoble ou pédant d'exiger quelque liberté par rapport à l'esprit de clan malsain et la fraternité collante qui sévit dans beaucoup de nos soit-disant publications d'avant-garde .

    "Sur l'écriture" *

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    Le pire être humain de la terre mérite de se torcher le cul. Ça m’est arrivé de me relever pour découvrir qu’il n’y avait plus de papier, de chercher le papier protège-sièges et il n’y en avait plus non plus. Tu te lèves pour constater que le tien vient de tomber dans l’eau. Après ça, tu as peu d’alternatives. Celle que j’ai trouvée et qui me satisfait le plus, c’est de m’essuyer avec mon slip, de le coller dans la cuvette, de tirer la chasse et de boucher les chiottes.

    "Factotum"  Charles Bukowski *

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