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Cruella un certain regard ...

Cruella un certain regard ... tendresse et cruauté à travers la littérature et + encore

En 1113, après la mort de Sviatopolk

Publié le 27 Février 2026 par Cruella in soljenitsyne

En 1113, après la mort de Sviatopolk, quand Vladimir (dit plus tard Monomaque) hésitait encore, par scrupule, à occuper le  trône de Kiev avant les enfants de Sviatoslav, « des mutins,  profitant de la vacance du pouvoir, pillèrent la maison du chef de la milice (tysiatchnik) ainsi que celles de tous les Juifs qui se trouvaient  dans la capitale sous la protection du cupide Sviatopolk... À l’origine de cette révolte, semble-t-il, la rapacité des prêteurs juifs : profitant sans doute de la rareté de l’ar gent à cette époque, ils pressuraient les débiteurs par des taux usuraires démesurés  ». (On trouve par exemple, dans le règlement de Vlad imir Monomaque, des indications selon lesquelles les usuriers de Kiev pren aient jusqu’à 50 % d’intérêt annuel). Karamzine fait ici référence aux chroniques et aux ajouts de V. N. Tatischev*. Tatischev nous dit : « Ensuite  ils ont tué beaucoup de Juifs et pillé leurs maisons, car ceux-ci avaient commis de nombreuses exactions et avaient beaucoup nui au négoce des chrétiens. Nombre d’entre eux, réunis autour de leur synagogue, se sont retranchés et se sont défendus du mieux qu’ils purent en demandant qu’on attendit l’arrivée de Vladimir » Une fois ce denier arrivé, les Kiéviens lui demandèrent ouvertement de mettre les Juifs à la raison, car ils avaient privé les chré tiens de toute possibilité de commerce alors qu’ils avaient eu s ous Sviatopolk grandes liber té et autorité...En outre, ils avaient réussi à attirer beaucoup de gens à leur religion . » 
De l’avis de M. N. Pokrovski, le pogrom de Kiev de 1113 revêtit un caractère social et non pas national. (il est vrai, on ne connaît que trop l’adhésion aux interprétations sociales de cet  historien des « classes ».) 
Après avoir occupé le trône de Kiev, Vladimir répondit aux plaignants en ces termes : « Dans la mesure où ils  [les Juifs] ont pénétré dans de nombreuses principautés et s’y sont fixés en grand nombre, il ne me convient pas, sans l’avis des princes et à l’encontre du droit..., d’autoriser qu’on les pille et qu’on les tue, ce qui pourrait entraîner la mort de beaucoup d’innocents. À cet effet, je vais sans attendre convoquer les princes en conseil »  Le conseil adopta une loi limitant  l’usure qui fut introduite par Vladimir dans le code de Iaroslav. Karamzine, suivant en cela Tatischev, laisse entendre que, par décision du conseil, Vladimir « a exile tous les Juifs et que, depuis ce temps-là, il n’y en a plus eu dans notre patrie  ». Mais il se corrige aussitôt : « Dans les chroniques, il est dit au contraire qu’en 1124 (quand eut lieu un grand incendie), les Juifs de Kiev en souffrirent particulièrement :  c’est donc qu’ils n’ avaient pas été expulsés . » Brutskus explique que « c’était tout un qu artier dans la plus belle partie de la ville ... près des Portes juives, a deux pas des Portes d’Or  » .  
Du moins, à Vladimir*, un Juif avait gagné la confiance d’André Bogolioubski. « Au nombre des intimes  d’André se trouvait aussi un certain Efrem Moizitch, dont le patronyme Moizitch ou Moiséevitch révèle une origine juive » – c’est lui, à en croire les chroniqueurs, qui fut l’un des instigateurs du complot qui  coûta la vie à André . Mais la chronique note également que sous André Bogolioubski , « il est venu des régions de la Volga beaucoup de Bulgares et de Juifs qui recevaient le baptême » , et qu’après la mort d’André, son fils
Georges s’est enfui au Daghestan auprès du prince juif .
De façon générale, pour toute la  période de la Russie de Souzdal***, les informations sur les Juifs sont parcimonieuses, comme l’était sans doute leur nombre.
L ’Encyclopédie juive note que, dans les épopées russes, le « Roi des Juifs » apparaît comme l’une des appellations préférées pour designer l’ennemi de la foi chrétienne, tout comme le preux-juif dans les bylines**** sur Ilya et Dobrynia . II se pourrait qu’il y ait là de lointaines réminiscences de la lutte avec la Khazarie. Mais on y décèle aussi le fondement religieux de l’hostilité ou de la réserve à l’encontre des Juifs qui souhaitaient s’installer en Russie moscovite.
L’invasion des Tatars mit fin à l’exubérante activité commerciale en Russie de Kiev et, apparemment, de nom- breux Juifs partirent alors pour la Pologne. (Toutefois, ayant peu souffert de l’invasion tatare, des peuplements juifs se sont conservés en Volhynie et  en Galicie.) L’Encyclopédie précise : « Au moment de l’invasion des Tatars ( 1239) et de leur mise à sac de Kiev, les Juifs ont également souffert, mais, dans la seconde moitié du XIII e  siècle, les grands princes les invitèrent à s’installer à Kiev qui se trouvait sous l’autorité suprême des Tatars. Jouissant des privilèges réservés aux Juifs en d’autres terres tatares, les Juifs de Kiev ont de ce fait attiré sur eux la haine des citadins . » On observe le même phénomène non seulement à Kiev, mais aussi dans les villes de la Russie du Nord où la domination tatare avait frayé « un chemin à de nombreux marchands étrangers, de Kharaz ou de Khiva, de longue date rompus au commerce et aux astuces de la cupidité : ces gens-là achetaient aux Tatars le droit de prélever le tribut, ils pratiquaient une usure exorbitante a l’égard des pauvres, et, en cas de non- paiement, les déclaraient esclaves et les emmenaient en captivité. Les habitants de Vladimir, de Souzdal, de Rostov perdirent bientôt patience et se  soulevèrent unanimement, au son des cloches, contre ces méchants usuriers  : certains furent tués, les autres chassés  ». Les révoltés devaient être réprimés par l’armée du khan, mais, grâce à l’entremise du prince Alexandre de la Néva*, celle-ci ne vint pas. Enfin, « des archives du XV e  siècle mentionnent des Juifs de Kiev, collecteurs d’impôts, jouissant de fortunes importantes ». 

"Deux siècles ensemble" Alexandre Soljenitsyne (extrait n°2) *

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