« Enfance ! heureux, heureux temps qui ne reviendra plus ! Comment ne pas chérir, comment ne pas caresser les souvenirs de cet âge ? Ils élèvent mon âme, la rafraîchissent et sont pour moi la source des plus douces joies. Reviendra-t-elle cette insouciance du premier âge ? retrouverons-nous ce besoin d’aimer et cette foi ardente que nous possédions dans l’enfance ? Quel temps pourrions-nous préférer à celui-là où les deux plus douces vertus : la gaîté innocente et le besoin insatiable d’affection sont les seuls mobiles de notre vie ? Où sont ces prières brûlantes, où est ce don précieux, les larmes si pures de l’attendrissement ? La vie a-t-elle piétiné si péniblement sur mon cœur que je ne doive plus jamais connaître ces larmes et ces transports ? Ne m’en reste-t-il que les souvenirs ? »
Léon Tolstoï
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