Je te vois aux yeux noirs, – séparation !
Élancée, – séparation ! – Solitaire, – séparation !
Avec un sourire étincelant comme un poignard, – séparation !
Tu ne me ressembles pas du tout, – séparation !
Tu ressembles à toutes les mères qui meurent jeunes,
Tu ressembles aussi à la mienne, – séparation !
Tu arranges de même ta voilette dans l’antichambre.
Tu es Anna au-dessus de Sérioja endormi, – séparation !
Parfois tu t’engouffres dans une maison en gitane
Aux yeux jaunes, – séparation ! en Moldave, – séparation !
Sans frapper, – séparation ! Comme un vent de maladie
Fait irruption dans nos veines – une fièvre – séparation !
Et tu brûles, et tu sonnes, et tu frappes, et tu siffles,
Et tu hurles, et tu tonnes et – en soie déchirée –
En loup gris, – séparation ! – qui n’épargne ni l’aïeul ni l’enfant, – séparation !
Hibou noir – séparation ! Jument des steppes, – séparation !
N’es-tu pas un fils de Razine – aux larges épaules, costaud et roux ?
Ne t’ai-je pas vue en fauteur de pogromes, – séparation ?
De pogromes, qui étripe bétail et édredons ?...
Aujourd’hui tu t’appelles Marina, – séparation !
(traduction Véronique Lossky)
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